La Légende de Jean l’Effrayé

Résumé

Quelle que soit l’époque, la nature humaine ne change pas.

Au XIVe siècle, Jacques et son neveu Raoul, 7 ans, fuient à travers la France pour atteindre Senlis, au nord de Paris. Une fuite empreinte de mystère. L’enfant n’en connaît pas la raison et l’homme ne la lui dévoilera pas. Cependant, Jacques ne cessera de se demander s’il doit ou non lui dire la vérité, et cette interrogation le torturera jour et nuit. Car, enfin, a-t-il le droit de se taire ?

Séparé de son oncle lors d’une exécution publique, Raoul est alors recueilli par le prêtre Thomas. La protection affectueuse de cet homme et du charretier Marc, l’amitié de Jehan et Ysabel, deux autres enfants, offrent à Raoul un semblant de foyer, mais il ne cesse de réclamer son oncle.

Thomas rencontrera cet oncle qui, obligé de fuir à nouveau, lui confiera le secret. Désormais, Thomas se débattra avec la même question : doit-il dire ou taire la vérité ?

Alors que Thomas comprend que son protégé est traqué, ses propres amis lui apprennent qu'il court également un danger, à force de vouloir lutter contre l’obscurantisme de l’époque et d'encourager ses paroissiens à penser par eux-mêmes… En effet, les idées novatrices de Thomas attirent les fidèles, mais provoquent la colère de l'évêque. Alors, pour faire chuter le prêtre, l'évêque engage un redoutable mercenaire, qui décidera de s'en prendre à Raoul pour atteindre Thomas.

Autour de l’homme et l’enfant, un piège invisible se referme. Des complots, trahisons, poursuites, meurtre. Mais aussi la puissance de l'amitié et la lutte pour le droit à la pensée nouvelle, à la connaissance et à l’éducation.

Caractéristiques

Nombre de pages : 262
Genre : roman
Editeur : Éditions Anfortas
Parution : novembre 2018
ISBN ‏ : ‎ 978-2-37522-061-0

🛒 : Fnac | Amazon

La presse en parle

  • « Histoire, suspens, interrogations… comme un parfum du « Nom de la rose » – Le Parisien
  • « Un film en puissance » – Radio France Bleu
  • « Coup de cœur ! Personnages bien dessinés… accusations, condamnations, rumeurs… À prendre dans ses bagages » – Le Courrier Picard
  • « Roman historique et policier dans un XIVe siècle qui nous fascine : il ressemble tellement à notre 21e siècle à tendance obscurantiste… » – Journal Respublica
Très belle découverte

Je découvre cette auteur avec ce livre et je suis ravie de cette découverte.
L'histoire, qui se déroule au moyen âge, est captivante.
Sur fond de recherches actives de toutes formes d'hérésie décrétée par l'église catholique, c'est l'histoire d'un petit garçon de 7 ans et de son oncle qui l'a recueilli.
Ces deux personnages principaux cherchent à échapper à une mort certaine du fait de leurs idées éprises de liberté, de savoir, de tolérance, en complète contradiction avec le carcan religieux.
L'histoire est pleine de rebondissements.
On tremble pour nos héros qui s'en sortent pour retomber dans le piège concocté juste après...
Captivant et très bien écrit.
Vivement le tome 2.
Coup de coeur pour ce roman ou polar historique ( je ne saurai dire) qui se déroule au XiV siecle, en France : l’écriture est cinématographique, limpide, le suspens est constant, la tension est maintenue. J’ai malheureusement terminé en trois soirs les 260 pages.
Si vous aimez le dépaysement, le suspens, les non-dits, l’action, les complots et trahison avec l’émotion en plus, n’hésitez pas. Pas de temps mort et rebondissements assurés.
Rien ne doit affaiblir l’église dit la quatrième page de couverture et on le voit bien ( et vraiment VOIR grâce au style) le jeune occitan Raoul arrive avec son oncle tourmenté ( il garde un secret en lui) dans le nord de la France où l’on se méfie de ceux qui parlent la langue d’oc. Brutalement séparé, l’oncle et le neveu vont essayer de se retrouver, mais le petit, est recueilli par un curé dont les idées nouvelles déplaisent à l’église qui ne veut que sa perte … et l’oncle est poursuivi par son passé.
Passionnant
Très belle écriture
Description et détails sur cette époque moyenâgeuse et son obscurantisme très précis et vivant. J’attends avec impatience les suivants.
Impatient d’avoir le tome 2 !
J’ai beaucoup aimé cette histoire médiévale, haletante, cette lutte de pouvoir entre la religion et la connaissance…
Réveillé des souvenirs de plus de 70 ans : traversée de la France en milieu hostile et comme Raoul (sans être effrayé) toujours sur ses gardes, découverte de jeux merveilleux dans la campagne, dans les forêts avec les bêtes et les copains…
Merci et félicitations pour ce livre aux mots si agréables et précis. Adorant le cinéma et le théâtre, votre scénario en est digne ; en vous lisant, les images et le suspens s’imposaient.
Donc beaucoup de plaisir et de simplicité, dans le bon sens du terme
La littérature manque de romans pour les 10 12 ans, qui sont en général passionnés de romans historiques et de suspens (et pas seulement de science-fiction ou de super héros !). Je suis sûre qu’ils vous donneraient le Goncourt, ou le Femina.
J’ai dévoré le premier tome il y a peu de temps et à la dernière page, je n’attendais qu’une chose, savoir ce qu’allait devenir ce pauvre jean l’effrayé auquel je me suis attachée. Ce livre est plein d’aventures, de rebondissements et de personnages auxquels on s’attache. Je suis très heureuse de lire la suite et je ne manquerais pas de revenir vous voir pour vous dire ce que j’ai pensé du tome 2 si vous revenez au Salon du livre féminin de Hagondange.
Un film en prose.

Une plongée dans un moyen age plus que réaliste avec des personnages très crédibles et que l’on suit dans un rythme soutenu.
L’écriture claire et limpide. Les chapitres sont courts, faciles à lire. Les messages sont actuels : tolérance, droit de penser autrement, de se rebeller pour un changement. L’histoire est prenante et les rebondissements inattendus. On vit avec ces gens : en ville, à travers la forêt avec des charbonniers, dans la grange d’une abbaye… Bref, tout y est pour nous faire tourner les pages et on ne dort plus…

: (…) Quand sonnent les matines, Jacques ne dort toujours pas. Il écoute les tintements répétés, réguliers. Se tourne sur le côté, observe Raoul, étendu près de lui. Le petit rêve tout haut, parle d’un chien. Celui de sa nourrice ou le bâtard rencontré sur leur route ? Quel beau garçon ! Quelle innocence ! Il a soudain envie de le réveiller, de lui dévoiler la vérité, mais se ressaisit aussitôt, se recouche sur le dos. S’il cède à cette impulsion, toutes ses actions passées n’auront servi à rien. A-t-il bien agi ? Est-il dans le vrai ? Un jour, il se dit que oui, un autre, se convainc que non. Il ne sait pas. Et là, réside son angoisse. Il a pris dans ses mains le destin d’un nouveau-né, aujourd’hui un enfant de sept ans, et il l’a changé. « Tu as transgressé une obligation, Jacques. Tu as trahi », lui répète une voix intérieure. Alors, il se murmure : « oui, mais il est vivant. »

Ses pensées, plus que les ronflements du dortoir, l’empêchent de s’assoupir. Il a chaud, transpire. Il se redresse, essuie son front, jette un coup d’œil sur Raoul. « Pardonne-moi, mon garçon… mais je n’ai que deux choix, fuir l’homme qui nous poursuit ou l’affronter, tu comprends ? Oh, Seigneur, n’ai-je pas bien agi ? » Il se lève et, sans faire de bruit, quitte la pièce.

Dehors, il évite le clair de lune sur la cour de l’enceinte et longe le mur dans l’ombre. Il respire profondément, puis s’immobilise. Il a besoin de sentir, d’entendre le souffle de la nuit. Soudain, dans cette plénitude, ses lèvres s’ouvrent ; un cri s’échappe. Un cri long et sauvage qui s’élève par-delà les toits jusqu’au trône de Dieu.

(…) Raoul suit Benoît dont la main rassurante et douce l’aide à passer les obstacles, caresse de temps à autre sa tête ou ses épaules. L’homme lui parle de la forêt, des cerfs, des loups ; relie chaque trace, chaque cri à un nom d’animal.

— Regarde ! dit-il soudain, en pointant droit devant lui.

Orné de fleurs de toutes les couleurs, de quenouilles, de roseaux et de joncs, l’étang de Commelle étale devant eux une eau claire, lisse où glissent des canards noirs aux becs rouge ou blanc. À sa droite, un moulin tout en pierres blanches.

— La grange où travaillent les convers est à gauche, là-bas. Tu es arrivé le premier. Tu as gagné ! annonce Benoît.
— Vous êtes sûr que le père Thomas nous retrouvera ?
— Aussi sûr qu’il y a des poissons dans cet étang. Mais dis-moi, as-tu de quoi manger dans ton sac ?

Raoul acquiesce.

— Bien, dit Benoît qui attend le signal de ses compères pour achever son plan.

— Ils vont tuer mon fils, Thomas…

La voix chevrote. Les yeux pleurent. Le corps se contracte.

Thomas se redresse sans hâte ni souplesse, s’avance et guide son ami vers un banc comme il le ferait pour un vieillard chancelant. Paul est estimé de tous. Prévôt des drapiers, il pourrait devenir celui de la paroisse, mais cet artisan ne cherche ni les honneurs ni les titres. Il n’éprouve de fierté, qu’en écoutant son Bastide-aux-grandes-idées projeter l’intégration de la corporation de Senlis à la hanse flamande. Une fois assis, il se plie en deux et s’enfouit le visage dans les mains.

— Calme-toi, Paul.
— Ils doivent être en train de le torturer, Thomas ! Et tu voudrais que je reste serein ? Ô Seigneur ! Venez-nous en aide !
— Nous n’avons pas grand moyens d’intervenir. Si nous agissons de manière précipitée, nous échouerons, et aucune autre occasion ne nous sera offerte, comprends-tu ? Crois-tu que je n’y ai pas réfléchi ?
— Quand tu auras fini de réfléchir, il sera mort. J’ai prévenu les prévôts de cinq confréries. Ils s’apprêtent à m’aider, et le bailli accepte de m’organiser une audience près du roi.
— Il faut s’adresser à l’évêché, Paul, puisque ce procès relève de l’Église. Mais ton idée est bonne. Entraîne ces corporations devant le palais épiscopal. Protestez, demandez justice, menacez de…
— Tu veux que… nous menacions l’évêque ?
— Il faut oser, Paul, la vie de ton fils en dépend !
— Le combat n’a jamais effrayé les Bonard, tu le sais. Mais là… c’est différent. L’Église, c’est ton domaine plus que le mien.
— Tu connais mes relations avec ce prélat, n’est-ce pas ? Si je suis le plaideur, nous perdrons. Vous êtes la plus puissante des corporations de Senlis : vous avez donc du poids et, surtout, l’argent dont l’évêché a besoin. Mais laisse-moi te dévoiler mon idée.